Il faut que ça bouge

2 février 2009 par - audiovisuel, économie numérique, spectacle vivant

Il n'y a pas grand chose à critiquer dans le discours prononcé par  Nicolas Sarkorzy, à l'occasion de l'installation à l'Elysée du tout nouveau conseil de la création artistique dont le délégué général sera le  camarade Marin Karmitz.

Comment ne pas applaudir un président qui veut donner un nouveau souffle à la création artistique, que "ça bouge", que les jeunes aient les moyens de créer dans tous les domaines.

Mais les gens de cinéma le savent, rien n'est pire que l'erreur de casting .

En suivant les avis de Monsieur "petits conseils" le Président de la République dont la sincérité n'est pas en cause a sans doute gaché mieux que quiconque une belle idée qui aurait du être incarnée par un grand créateur  à la parfaite intégrité morale et aux convictions affirmées.

Car mettre en place un conseil de la création artistique sans créateurs, hormis la talentueuse chorégraphe "Dominique Hervieux", c'est refuser de faire confiance à ceux qui par nature refusent la pensée unique et par la même se condamner à celle ci .

Commentaires (12)

 

  1. karinetta dit :

    intégrité morale, loin de la pensee unique, c’est tout toi

  2. redrum dit :

    Non, le directeur général de la SACD a toujours eu de la suite dans les idées mais pas jusqu’à présider un conseil de la création artistique dont il dit lui-même qu’il devrait échoir à un grand créateur.

    Sinon effectivement quelle horrible erreur de casting de confier les clés de ce conseil à une personne qui possède d’abord des intérêts très frais dans l’industrie audiovisuelle et cinématographique et dont les retournements de veste (cf . cartes illimitées et l’alliance UGC-MK2). lui ont sans doute évité un changement de garde-robe.

  3. marc dit :

    de la part d’un producteur qui dirige une société d’auteur, ce propos ne manque pas de sel. Quel dommage que ce soit l’hopital qui se moque de la charité!

  4. Pascal Rogard dit :

    Je n’ai jamais été producteur mais vous pouvez toujours prendre mon billet comme l’hommage du vice à la vertu

  5. redrum dit :

    Sans aller jusqu’a ces extrêmités, on peut reconnaître une certaine constance au directeur général de la SACD pour protéger les auteurs et la création…

    Je n’en dirais pas de même de notre cher délégué général du conseil de la création artistique dont la vacuité des propos, ce matin sur France Culture, laisse présager que cette montagne placée auprès de notre nouvel empereur va sans aucun doute accoucher d’une souris…

  6. redrum dit :

    En dehors de ces considérations personnelles, était il bien opportun de consacrer cet organisme auprès du président de la République?

    Les lobbys de toute sorte, et là j’inclus la SACD et son éminent DG, ont contribué à tuer le débat autour d’une politique culturelle axée sur la création avec la promotion à outrance de l’exception culturelle puis de la diversité culturelle…

    Si la défense de ces concepts a été utile en son temps, elle a tué toute opposition politique et toute réflexion autour d’une vision autre de la culture qu’une vision défensive….

    Ce discours, martelé par les lobbys, a été bien compris par tout l’échiquier politique notamment pour la crainte de la « résonnance médiatique » qu’induirait tout autre vision politique de la culture.

    Dès lors, vouloir changer cet état des choses qui remonte à plus de 15 ans relève de la gageure, surtout avec des hommes qui ont activement participé au lissage complet du discours…

  7. Pascal Rogard dit :

    Je ne vois pas en quoi le refus de soumettre les politiques culturelles à la loi d’airain du libéralisme des accords commerciaux internationaux a tué toute opposition politique. Le consensus sur l’exception culturelle, puis la défense de la diversité culturelle n’empêche pas le débat sur les politiques culturelles.
    Au contraire,car encore faut-il avoir la possibilité de les mener ces politiques. Et ce n’aurait pas été le cas si nous avions pas eu non pas une vision défensive, mais un sain réflexe de survie.

  8. redrum dit :

    « La loi d’airain du libéralisme », cela ressemble à un dogme besancenesque surtout appliquée au secteur culturel… où depuis 1998, le commission européenne n’a fait que valider les systèmes d’aides français et des autres Etats membres en les modifiant à la marge…

    Je n’ai pas dit que le consensus n’était pas utile à un moment donné sur la diversité culturelle pour permettre à nos auteurs de continuer à créer, je dis qu’il a tué dans l’oeuf la réflexion sur comment faire bouger les lignes à l’intérieur du système et que les lobbys en ont profité pour tuer la parole publique dans un secteur où l’autosatisfaction des acteurs est grande….

    N’est-il pas étonnant qu’il ait fallu attendre une réaction du club des 13, créé en dehors de toute organisation professionnelle existante, alors que le diagnostic posé globalement par ce club était connu de tous et notamment des acteurs de la vie publique!!!

  9. Pascal Rogard dit :

    Je visais les négociations commerciales internationales.
    La validation des systèmes d’aide nationaux au cinéma,elle n’ a pas été obtenu sans peine et elle est le résultat d’une forte mobilisation des gouvernements et des professionnels concernés.
    Quant aux propositions du club des 13, elles ont eu effectivement le mérite d’obliger l’ensemble des acteurs à réfléchir .
    Le CNC devrait prochainement formuler des propositions issues d’un groupe de travail associant membres du club des 13 et représentant des organisations professionnelles.
    Et merci aux avignonnais qui ne manquent pas d’humour

  10. redrum dit :

    On est d’accord globalement mais comment dire pour prendre plus de hauteur au risque d’être pompeux, la conception volontariste française de l’intérêt général est de transcender les intérêts particuliers, la conception utilitariste de l’intérêt général (plus anglo saxonne) est celle qui représente la somme des intérêts particuliers.

    Pour ma part, la politique culturelle française est trop utilitariste dans le secteur culturel alors que certains intérêts particuliers dans ce secteur ne sont pas rapprochables et qu’il faudrait restaurer un peu de volontarisme pour définir des lignes de forces dans les différents secteurs culturels.

    Je ne crois pas que le volontarisme naisse d’un « machin » placé auprès du président et présidé par un acteur à l’intérêt catégoriel si bien identifié…

  11. Pascal Rogard dit :

    Nous sommes effectivement d’accord

  12. Johnny dit :

    Je constate aujourd’hui une chose au regard des projets rendus par le CCA. Il semble que parmi les membres, certains ont vraiment travaillé à l’intérêt général comme messieurs Emmanuel Hoog, Henri Atlan, Emmanuel Ethis (2 brillants professeurs et chercheurs), ainsi que Laurent Bayle et Mme Hervieu et d’autres – à l’intérêt moins général – comme messieurs Lebon et Blanc.
    Nombre de propositions sont originales et le système « boîte à idées » fonctionne, les relations avec le Ministère de la Culture clarifiées aussi, bref : tout me semble aujourd’hui bien calé et très utile.
    Je pense qu’il est bon de soutenir ces initiatives qui sont devenues plus claires aujourd’hui que dans ce qui était dit par Mr Sarkozy.
    Je pense que les avertissements déposés ici et là ont été utiles à baliser le terrain et que tout cela nous fait aller de l’avant. Comme quoi la critique est souvent utile.
    Bravo pour votre site.

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