Un succès pour l’Europe de la culture

22 septembre 2010 par - économie numérique

Crédit : European Parlement / Pietro Naj-Oleari

Le  Parlement Européen vient d'adopter à une confortable majorité et en dépit de l'opposition acharnée des socialistes le rapport de Marielle Gallo qui rappelle les principes traditionnels de protection de la propriété intellectuelle et demande un renforcement de la lutte contre la contrefaçon.

Le vote de ce rapport est une cuisante défaite pour les adversaires de la création qui avaient choisi de faire de ce  texte modéré et équilibré un test de leur capacité de nuire en développant une argumentation excessive .

C'est ainsi que sur les sites spécialisés dans les lâches attaques contre les mesures de protection des droits des  créateurs, on pouvait lire  des déclarations aussi nuancées que:

Rapport Gallo:

Un coup en traitre pour les libertés des citoyens

Une violente répression au nom du copyright menace l'Union européenne (les spécialistes savent qu'en Europe on applique le régime personnaliste du droit d'auteur et non celui plus capitaliste du copyright)

Les libéraux européens rejoignent les sarkozystes sur la répression du net

Alerte rouge pour les libertés sur Internet.

Les députés européens sans doute lassés des excès démagogues des prétendus défenseurs des libertés n'ont pas cédé à cette propagande fallacieuse et caricaturale et  apporté aux hommes et femmes de culture qui font l'Europe que nous aimons leur soutien.

On regrettera toutefois les initiatives contreproductives d'associations de producteurs qui telle la très franco française Eurocinéma se sont crus autorisés à s'exprimer au nom des auteurs et à recueillir leur adhésion suscitant réprobation et quolibets quand il s'agissait de signatures de personnes décédées.

Mais peut-être ces illusionnistes qui ne peuvent en aucun cas pétitionner au nom des créateurs ne sont ils que les habitants de la ville fantôme d'Alexandra et de fervents admirateurs du  film de Georges Romero "La nuit  des morts vivants"

Commentaires (23)

 

  1. Lucas dit :

    Mouai, ça n’empêchera pas les major de mourir, et heureusement.

  2. Nierle dit :

    Je vois que tout va bien aux pays des artistes qui fêtent dignement le renouveau de 1933.

  3. lagaffe dit :

    Ce n’est qu’une rapport , pas une loi..

    Enfin, que pensez vous de cette analyse ?

    http://www.laviedesidees.fr/L-industrie-musicale-face-au.html

    • Pascal Rogard dit :

      Ce n’est effectivement qu’un rapport et c’est pourquoi j’ai trouvé totalement disproportionnées les attaques violentes contre ce texte ainsi que les mises en cause personnelles de Marielle Gallo.
      Comme vous le savez sans doute sur ces questions, je ne suis directement concerné que par la protection des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques.
      L’analyse développée sur le site la vie des idées me parait très pertinente, même si rien ne justifie à mes yeux le piratage des oeuvres .
      Les modèles économiques de la musique et de l’audiovisuel et du cinéma sont profondément différents ce qui pourrait justifier une régulation différente.

  4. JmZ dit :

    Je n’achète pas non pas parce que je télécharge, je télécharge parce que je n’achète pas.

    Tes cds, dvds, etc. sont bien trop chers pour moi, Pascal.

    Je continuerai à télécharger, en chiffrant ma ligne et en continuant à récupérer des films et musiques chez les amis (beer2peer) ou plus simplement, à la médiathèque de ma commune.

    À qui profite le crime ? Comme toujours, regardons où va l’argent. Ce ne sont pas chez les « pirates », mais bien dans tes poches, Pascal.

  5. Romain dit :

    Il s’agirait de grandir, Pascal, il s’agirait de grandir…
    Il y a bien un moment où vous vous rendrez compte que le monde change, mon ami, et il faut tirer un trait sur les habitudes du passé.

    Nous avons inventé un outil magnifique qui permet de dupliquer à un coût rigoureusement nul l’ensemble de la connaissance et des œuvres du patrimoine humain. Si nous avions découvert le moyen de dupliquer des voitures à un coût nul, croyez-vous que nous stigmatiserions les « pirates » qui copient les voitures, sans rémunérer les concepteurs et la chaîne de distribution de ces voitures ?
    Ou bien nous profiterions de cette superbe occasion pour repenser en profondeur le principe de la rémunération des concepteurs de voiture ?

    Le copyright dans sa forme actuelle est mort, Pascal, il faudra t’y faire. Les majors ne vont pas tarder à le suivre, et les sociétés de gestion de droits d’auteurs comme celle que tu diriges n’ont plus lieu d’être dans notre société.

    Réfléchis à ta conversion, ça pourra servir…

    Un point positif : l’ouverture des commentaires sur ton blog, ça c’est bien.

    • Lucien Veran dit :

      AK47.

      L’ouverture c’est bien, cela permet de délirer pour pas cher.

      Le pont aux ânes du coût de duplication nul (ah le nième verre d’eau…même Jacques Attali nous l’a reservi il y a peu) ignore les coûts de production des originaux, les coûts d’installation et d’usage des infrastructure (l’eau serait dans le verre sans tuyaux, ni vanne, ni bassin) et enfin les droits jusque là considérés comme légitime des « inventeurs » de l’oeuvre(une paille !)

      Ensuite, copier, cher Romain, vos codes bancaires et vos identifiants divers, digicodes et divers ne coûtant rien selon vous, comme d’ailleurs les virements d’une monnaie numérique de compte à compte, défendriez vous leur transformation en données publiques de libre usage ?

      Revoyez un peu (?) votre vision du monde numérique. De très faibles coûts apparents (difficiles à calculer certes) n’ont jamais signifié qu’une société sans investissement,sans engagement (dans la création) et sans droit pouvait tenir.

      Vous raisonnez comme si le coût marginal très bas des projectiles vous autorisez à jouer sans retenue d’un AK47.

      Bon dimanche.

      Lucien Véran

      • J'y crois pas. dit :

        Je fais un test, désolé

      • Mathieu dit :

        Il y a plusieurs points qui nécessitent un éclaircissement :

        La copie ne se fait pas à coût nul mais à coût marginal. Quelques secondes d’ordinateur et d’internet suffisent à dupliquer à l’identique un morceau de musique, pour un film de 90min en HD ça se compte en minutes. Ça ne doit pas coûter plus de quelques dizaines de centimes d’euro (en comptant très large : amortissement matériel, énergie, logiciel, bande passante, supports). Si on met en face de ça les quelques euros que partagent tous les artistes d’une œuvre vendue dans les circuits classiques sur les quelques dizaines que les intermédiaires se mettent en poche…

        Ensuite le coût initial, elle est très belle l’idée du coût initial réparti sur les clients. C’est un mode de financement ni plus ni moins et bizarrement il en existe d’autres, même pour le cinéma et la télévision. Un exemple : le projet pioneer one http://vodo.net/pioneerone financé préalablement par le public et en libre téléchargement. Inventif, respectueux du public et en libre téléchargement sur bit torrent, qui dit mieux ?
        Le fans ont même fait les sous-titres francophones, les épisodes 2 à 6 sont en cours de tournage, il en faudrait plus des projets comme ça.

        Enfin le rapport Gallo, vous l’avez lu ? On y parle de réponses non judiciaires, de filtrage, d’accords bilatéraux entre sociétés d’auteurs et FAI pour faire du filtrage hors judiciaire de contenus « illégaux ». Du pur délire à la Orwell.
        Préalablement, je rappelle que seul un juge peut à posteriori décider si des faits sont illégaux ou non et décider de la sanction.
        Que des ayants droits d’auteurs décident pour chacune de mes connexions si elle est légale ou non (filtrage par DPI) et si elle a le droit d’aboutir ou non me pose un sérieux problème (respect de la vie privée, secret de la correspondance, neutralité des intermédiaires, charge de la preuve, et même liberté d’expression). Je refuse aux ayants-droits comme aux FAIs de décider de ce qui est légal ou non et de ce qui a le droit d’être transporté ou non, question de principes, on est en démocratie bordel !
        Le reste des préconisations est à peu près du même tonneau : HADOPI généralisé : amateurisme de la collecte de la preuve, non respect des droits de la défense, logiciels de surveillance gouvernementaux, et j’en oublie et des meilleures.

        Je n’ai rien contre les auteurs qui refusent les copies non marchandes de leurs marchandises, il faut respecter les espèces en voie de disparition. Je ne suis juste pas client chez ces gens-là, ils ont fait et font beaucoup trop de mal.

        D’autres modèles apparaissent, différents, à taille plus humaine. Mais surtout ces artistes-là ne me demandent pas de présenter mes clefs USB à la douane, ils ne réclament pas la levée du secret de la correspondance privée, ils ne militent pas pour le logiciel de surveillance gouvernemental obligatoire. Ils créent, ils diffusent et lorsqu’ils ont besoin d’aide, les internautes sont là pour financer, pour traduire, pour faire les figurants, pour donner des conseils techniques, pour faire la promo…

        Entre ce que le Gallo et ACATA planifient et le monde que des projets comme pioneer one laissent entrevoir, mon choix est vite fait.

        Et vous, à la SACD, entre une civilisation du contrôle gouvernemental et une création _respectueuse_ des spectateurs vous choisissez quoi ?

        • Lucien Véran dit :

          Mathieu,

          1/ Coût marginal n’a jamais signifié coût négligeable.

          2/ Les modèles de « crowdsourcing » comme celui de « pioneer one » et même s’ils restent marginaux eux memes confirment bien la necessité de considérer la question du pré-financement d’une production…En toute logique que le pré-financement soit très dispersé ou très concentré cela reste du financement de charge fixe en incertitude..c’est la base des marchés financiers les plus simples.

          Il existe de nombreuses formes de pré et de co-financement, le numérique là n’a rien permis d’inventer de bien nouveau, simplement d’élargir en effet les possibilités de pré et co-financement par les fans, les « amis » les adeptes…

          3/ Pour le reste bien sûr si vous pouvez imaginer et bâtir une société et une économie de la création sans contrôle centralisé je suis client.

          Bonne soirée.

          Lucien Véran.

        • Pascal Rogard dit :

          Je n’ai pas à choisir. Je pense qu’il est souhaitable de respecter son public et de défendre la propriété littéraire et artistique qui permet la rémunération de la création.

    • J’avais écrit un petit article reprenant la même idée mais appliquée à la baguette de pain. Serions-nous alors prêts à continuer à laisser mourir de faim la moitié de l’humanité sous prétexte qu’il faut rémunérer les ayants-droit boulangers ?
      Ou ne préférerions nous pas les rémunérer autrement ? C’est la même chose pour la culture.

      C’est ici : http://sebastien.gripon.free.fr/blog/index.php?post/2009/05/17/12-hadopi-le-boulanger-fonctionnaire

      • Pascal Rogard dit :

        Comparaison douteuse, car malheureusement une bonne partie de l’humanité meurt de faim.

        • Pardonnez-moi, je n’ai pas compris le votre argumentation. Pourriez-vous m’éclairer ?

          Pour information, la comparaison comparaison avec la baguette de pain m’a été soufflée par Pascal Nègre (pas personnellement c’est évident), ardent défenseur de la loi Hadopi lui aussi, qui comparait la reproduction d’un fichier informatique au vol d’une baguette de pain. Je n’ai fait que reprendre sa comparaison en la poussant jusqu’au bout.

  6. J'y crois pas. dit :

    Oui, le monde change, alors que pour les travailleurs le mot d’ordre est adaptation, pour les grands, c’est protection.

    Il faut effectivement préserver les moyens de subsistances des créateurs, et donc aussi des producteurs, investisseurs.

    Néanmoins, il s’agit essentiellement de protéger un systeme quasi-monopolistique, ne profitant, non pas à la diversité culturelle, mais essentiellement à une poignée de privilégiés. (Que l’on ne tente pas de me convaincre que le monopole œuvre pour la diversité, c’est irrecevable)

    La meilleure illustration de cette dérive liée à la loi de la sélection culturelle: Ce blog.

    On y lit beaucoup, ne vous en déplaise, d’objections pertinentes dont l’intelligibilité n’est nullement réalisée.

    En effet, soyez honnête, ces points de vue n’ont aucune audience, hormis sur le net, mais pas dans les médias, n’y dans quelconques œuvres, ni par l’intermédiaire de quelconque artiste.

    On a donc là, rendu possible par une situation quasi-monopolistique, selon une dérive de la loi de la sélection culturelle, une pensée unique que je n’hésite pas à qualifiée de culture incestueuse, anti-démocratique. (Vus même, soutiendriez-vous une œuvre qui puisse accorder un temps soit peu de crédits à vos détracteurs ?)

    Et ne me citez pas en exemple, les petits indépendants qui souffrent du piratage. Ils sont très exactement comme les petits artisans et les PME qui ont votés pour Sarkozy sous le prétexte propagandiste que les fonctionnaires étaient des privilégiés fainéants, des méchants dealers de banlieues non taxés roulant en mercedez, et que les cotisations qu’ils devaient étaient la cause de toutes leurs difficultés.

    A l’heure actuelle, il semble évident que la véritable difficulté de ces artisans et PME résident dans la crise économique mondiale. Et c’était déjà la faute de cette crise, qui n’a eue sa reconnaissance officielle qu’à partir du jour ou elle atteignit enfin les intérêts des plus grands au sommet de la pyramide, pas seulement sociale, mais également de Ponsi.

    Avant, ces PME et artisans pouvaient crever, se n’étaient pas bien grave, d’autant moins que les majors récupéraient la clientèle.

    Si les artistes étaient autorisés à dire la vérité, les indépendants souffrent bien plus encore d’un système économique tendant vers le monopole (Les lois anti-trust, dépassées par l’inaction et l’immobilisme, n’ont pas étaient instaurées par les communismes, pas plus que par pure fantaisie)

    Et très exactement, de la même façon, dans le domaine journalistique, hier il était uniquement possible de s’inscrire dans la pensée unique se résumant par les maximes
    « Une main invisible régule les marchés » exprimant ainsi « la sagesse des marchés ».

    Toutes tentatives d’esprit critique concernant ce qui était alors encore nommé fallacieusement « Libéralisme », étaient inéluctablement appelées, de façon éhontée, « Marxisme ».

    Jugée stupide, rétrograde, inéluctablement rejetée, tout article proposé expliquant l’évidence d’une crise financière mondiale et imminente, était rendu impossible par toute une classe dirigeante. (Loi de la sélection culturelle).

    Pire encore, lorsque cette crise s’est avérée et devenue indéniable, ces mêmes décideurs, auto-proclamés élites, ont repris très exactement l’analyse des articles précédemment proposés, faisant leur beurres, en excluant toujours ces auteurs précurseurs, jugés toujours aussi stupides.

    Entendez moi bien, monsieur. Loin de moi l’idée de faire votre procès, et moins encore celui de votre organisme.

    Je ne doute pas de la sincère démarche qu’est la votre, tout comme de la multitude d’exemples concrets à votre disposition, pouvant vous donner l’illusion du bien fondée de votre démarche, à l’instar de l’Angleterre ayant pue servir à démontrer le bien fondé de la déréglementation (démantèlement massif des services publiques, abandon des lois anti-trust).

    Néanmoins, aujourd’hui, on ne peut que souligner la responsabilité du systeme anglais dans la propagation de cette crise financière mondiale, l’état de ses déficits et la nationalisation inquiétante de son économie.

    Ne vous en déplaise, monsieur, tout comme le héros du roman « 1984 » (George Orwell), un fonctionnaire plutôt haut placé, sans vices ni le moindre sombre intérêt, vous effectuez un travail consciencieux mais néfaste parce qu’inconscient et dicter par un systeme anti-démocratique.

    Pire encore, toujours à l’image de ce héros, un éventuel mais improbable réveil citoyen de votre part, ne vous conduirait qu’à la catastrophe. Vous seriez inévitablement éjecté de votre fonction, rejeté ainsi par cette pensée unique, induite par la loi de la sélection culturelle, auto-générée.

  7. Berrurier dit :

    Un succès pour l’Europe de la culture « sécuritaire ». Je trouve ça pas mal, ça va développer d’avantage des circuits alternatifs plus intéréssant que la culture des marchands capitaliste affamé de pouvoirs et de profits dont vous êtes le représentant quasi-officiel.

    Espérons que les artistes, les vrais, je parle pas des produits qu’on nous impose, auront le droit de créer sans appartenir à un de vos circuits lucratifs unilatéral.

  8. roger dit :

    Je pense qu’il voulait parler de ceux qui ne pensent pas comme vous.

  9. Benoit dit :

    Quand vous aurez accepté que le futur de l’économie culturelle numérique n’est pas de se retourner constamment contre son public comme le préconise le rapport Gallo, mais plutôt de trouver des nouvelles voies pour se réconcilier avec lui, vous aurez fait un grand pas en avant, monsieur Rogard. Le fait est que l’industrie du disque a raté le virage du numérique, et a laissé s’installer une norme qui est le piratage.

    A partir de ce moment là, on a deux voies possibles :

    – soit on tape bêtement sur tout ce qui bouge, en faisant le plus de bruit possible et possiblement un certain nombre d’accusations erronées, c’est ce que préconise le rapport Gallo et ce que fait l’Hadopi. Quel est le gain pour les artistes dans ce schéma ? Les gens vont se tourner, par miracle, vers l’offre légale (laquelle, d’ailleurs) ? Personnellement, je pense que la seule réussite d’Hadopi va être de détourner encore plus les artistes de leur public. Et en tant que musicien passionné, cela me fait vraiment du mal.

    – soit on se remet en question et on arrête d’asséner à longueur de journée que tout est la faute de l’autre. On arrête de proposer des plateformes de ventes en ligne ultra-verrouillées qui ne pénalisent que celui qui achète légalement (avec mon navigateur et mon système d’exploitation, impossible d’acheter quoi que ce soit sur fnac, virgin et autres ..), on réduit les prix de vente à la hauteur de l’économie faite en vendant du dématérialisé (parfois un album numérique en ligne est plus cher que le même album dans un magasin, mais sans pochette ni objet matériel, cherchez l’erreur), on renégocie les contrats avec les artistes pour ne pas les rémunérer au lance-pierre… Le jour ou l’industrie du disque se remettra en cause de cette manière, le public reviendra sans doute vers elle. Vous devriez jeter un coup d’œil par ici, ca vous changera probablement les idées : http://www.featuredartistscoalition.com

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