Bonne route

14 février 2016 par - audiovisuel, économie numérique, diversité culturelle, spectacle vivant

©Diaphana Distribution

La vie politique est cruelle et les sorties de route brutales qu'elles soient le fait de résultats électoraux ou comme vient de l'éprouver Fleur Pellerin de décisions du pouvoir exécutif.

Contrairement à une idée répandue le Ministère de la culture et de la communication est un lieu de pouvoir difficile à maîtriser car les attentes des professionnels sont importantes et souvent contradictoires,les égos surdimensionnés,les organisations innombrables, les médias attentifs au moindre froncement de sourcils, les rumeurs mal intentionnées et perfides.
Bref une vraie galère qui demande d'être debout potron-minet comme tout haut responsable  et nécessite en complément une présence assidue aux événements de notre vie culturelle , aux interminables cérémonies de remise de prix , aux spectacles qui durent qui durent jusqu'au bout de l'ennui .
Les solliciteurs sont envahissants et bavards .
Certains ont même une capacité de remonter très haut dans la hiérarchie politique s'ils ont le sentiment que l'attente d'un rendez-vous est une insupportable offense à leur talent.
Mais ce ministère dont les missions et l'organisation devront  après l'élection présidentielle être profondément revues est au cœur de notre singularité française, de notre exception et de notre sentiment national.
Fleur Pellerin qui a su défendre avec force et détermination la création et les droits d'auteur en amorçant le mouvement vers la démocratisation numérique pourra méditer sur la déplaisante et goujate  ingratitude des producteurs de cinéma incapables de saluer son action en leur faveur encore marquée récemment dans un contexte budgétaire difficile par  l'adoption de nouvelles mesures de crédit d'impôt. Mais la seule reconnaissance qui vaille est celle des créateurs et spécialement des jeunes auxquels on a ouvert les portes.
Audrey Azoulay  qui lui succède maitrise parfaitement tous les codes de l'audiovisuel et du cinéma. Elle devra aussi séduire les autres secteurs de la culture qui ont chacun leur économie, leur particularismes, leurs espérances.
Elle devra surtout affronter ce moment intense que connaissent les comédiens où il faut passer des coulisses aux lumières de la scène, aux lumières de la ville.
Elle en a le talent et cette élégance intérieure qui singularise les belles personnes
Bonne route.

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