La leçon de français du président

21 mars 2018 par - Weblog

©Wild Bunch Distribution

 

Ce ne sont pas moins de 33 mesures que le Président de la République, Emmanuel Macron, a présenté le 20 mars à l’ Institut de France pour promouvoir et soutenir la langue française et le plurilinguisme.

Il faut dire qu’elle en a bien besoin, notre belle langue française, d’être soutenue et encouragée dans un espace public de plus en saturé de termes anglais, jusque dans les plus récentes campagnes électorales où fleurissaient dans les "meetings" (disons, plutôt réunions publiques) des "helpers" censés aidé le militant à s’orienter.

24 ans se sont écoulés depuis l’adoption de la loi Toubon qui visait à assurer la primauté de l'usage de termes francophones traditionnels face aux anglicismes  et il faut bien constater que les enjeux ne sont pas moindres aujourd’hui car la situation en France même s'est sensiblement dégradée.

De ce fait, l’initiative présidentielle est la bienvenue pour construire une nouvelle politique d’essor et de promotion de la langue française dont il a eu raison de rappeler qu’elle était une langue de création. C’est d’ailleurs plus largement la création en langue française qui doit être encouragée car notre langue n’est pas le symbole du repli ni de l’isolement mais bien plus celui du partage et d’un dialogue en commun qui s’étend bien au-delà des mers et des continents.

La SACD apporte déjà sa contribution à l’une de ces mesures puisque nous avons le bonheur d’être l’un des partenaires du fonds lancé par le CNC pour la jeune création francophone.

Mais, il y a sans doute une 34ème mesure qui devrait être ajoutée. Elle serait même indispensable. Alors que tous azimuts, on réfléchit à l’avenir de l’audiovisuel public, de ses missions, de son organisation et de son financement, il va de soi que le service public  doit être le fer de lance du français et plus largement de la francophonie.

Si l’audiovisuel public n’est pas le lieu par excellence où la langue française et la création dans cette même langue française s’épanouissent largement, ce sera sûrement que ses missions auront été imparfaitement définies.

Les amateurs inconditionnels de la langue anglaise ont beaucoup prospéré dans les rangs de l’audiovisuel ces dernières années avec la marchandisation de la création. A l’évidence, la 34ème mesure ne leur plaira sans doute pas mais même au  XXIe siècle, il n'est pas inutile de revenir aux sources de la démocratie grecque et de se rappeler de ce que disait Solon il y a 26 siècles : " Quand on fait de grandes choses, il est difficile de plaire à tout le monde ".

Commentaires (1)

 

  1. R.C. dit :

    Hier soir, il y avait un « Tout le monde joue » spécial langue française sur France 2. D’autres jeux sur les deux premières chaînes de France TV participent à l’opération toute la semaine.
    Pourquoi j’en parle ? Parce que je constate depuis un certain temps que les jeux et les divertissements ont de plus en plus mauvaise presse chez certaines personnes (politiques notamment) qui veulent en réduire la place sur le service public. Pourtant, à l’heure où l’on réfléchit aux missions, il serait souhaitable de ne pas mépriser ces genres d’autant que, souvent basés sur les lettres et la culture générale, leur programmation serait difficilement envisageable sur les chaînes privées.

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