Votre ticket est toujours valable

20 juin 2011 par - Weblog

Lors de leur création les systèmes de cartes à entrées illimitées dans les salles de cinéma avaient suscité de vives critiques et nécessité  une adaptation législative pour que cette offre commerciale destinée à rentabiliser les multiplexes ne crée pas un effet d'éviction au détriment des indépendants et ne pénalise pas la part de recettes revenant aux films.

Un des principaux reproche fait à ces formules est l'opacité qu'elles génèrent empêchant le CNC de connaitre la recette guichet des films et aux ayant-droits d'apprécier le bien fondé de la valorisation fictive du ticket d'entrée qui leur est reversé.

C'est pour assurer cette transparence tout en respectant le secret des affaires que depuis la réforme du code du cinéma la commission chargé d'émettre un avis sur les formules d'accès illimité doit avoir accès aux données économiques lui permettant d'apprécier en toute connaissance de cause leur impact

Au vu de ces données que la commission a recommandé au président du CNC Eric Garandeau de valider pour quatre ans la carte UGC en rendant un jugement de Salomon favorable aux exploitants indépendants, mais ignorant les demandes des auteurs,producteurs et distributeurs.

Les premiers  pour les entrées réalisées dans leur salles par des abonnés à la formule verront le minimum garanti qui leur est consenti augmenter de 0,20 € par entrée.

Les autres n'auront aucune augmentation de ce minimum garanti, le CNC se basant sur la baisse du prix moyen des entrées hors formule pour refuser toute indexation.

Un refus difficilement compréhensible puisque depuis 11 ans d'existence le prix de l'abonnement facturé aux cinéphiles a augmenté de 32,53% alors que le prix de référence du billet n'a jamais progressé et reste fixé à 5,03 €.

La conclusion de cette étonnante stagnation est que l'offre illimitée a été lancée à perte au détriment des salles indépendantes et que depuis 11 ans UGC reconstitue sous le haut patronage du CNC ses marges sur le dos des films .

Commentaires (3)

 

  1. Guillaume dit :

    Pouvez-vous nous dire à quoi correspond « le prix de référence du billet [qui] n’a jamais progressé et reste fixé à 5,03 € » ?

    Parce qu’au cinéma Pathé près de chez moi est à 9,80 € la place en tarif normal. (7,30 € sénior et demandeur d’emploi (!!) et 4,30 € pour les enfants).

    Donc 5,03 €, ça me parait très très peu cher !

    • Pascal Rogard dit :

      C’est le prix fictif sur la base duquel Ugc calcule la part dr recettes revenant aux ayant-droits.
      A l’origine il correspondait au prix payé par le public pour les cartes Ugc comprenant 5 entrées
      Le prix est bas par rapport aux normaux mais compte tenu des nombreuses réductions il se situe dans la zone de prix moyen.

  2. Lucien Véran dit :

    La carte qui use si l’on s’en sert trop.

    Pour l’émetteur, le bon titulaire d’une carte illimité est celui qui ne s’en pas ou peu..le calcul est facile à reconstituer. Si le porteur en « abuse » ce qui est une façon de parler puisque c’est son droit, la recette moyenne théorique tombe très bas et les remontées de recettes vers les ayants droits calculées sur la base de 5,03 euros siphonne la recette de l’exploitant (à 50% de loyer par exemple et pour 10 entrées mensuelle cela tourne autour de 25 euros soit plus que le prix de la carte…)

    Mais ceci est approximatif et les émetteurs peuvent en dire plus en incluant dans le calcul les recettes indirectes ou liées, pop-corn, sodas, entrées des accompagnants, certaines générant de la remontée de recette et d’autres non.

    Toute proportion gardée un droit illimité obtenu pour un forfait a certains traits (ça plaira à P Rogard) d’une licence contractuelle, non pas légale ou globale car limitée à quelques opérateurs et négociable.

    Bonne fête de la musique.

    Lucien véran.

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