Catch up the Pop Corn

15 décembre 2007 par - Weblog

Jean Pierre Brard le député maire de Montreuil sous bois a de la suite dans les idées. Après avoir proposé une taxe sur le Pop Corn vendu dans les salles de cinéma, il a organisé une manifestation devant l'UGC ciné cité Bercy pour protester contre l'agressivité de la major cinématographique à l'égard du soutien accordé par de nombreuses municipalités dont la sienne à des cinémas d'Art et d'essai.

Mais la menace la plus grave pour les gros de l'exploitation française vient peut être du conseil de la concurrence qui a condamné le GIE Ciné-Alpes pour abus de position dominante.

Cette société bien connue des amateurs de sports d'hiver faisait pression sur les distributeurs afin d'obtenir l'exclusivité sur certains films dans les villes où elle est en concurrence avec d'autres exploitants de salles.

S'appuyant sur les saisines du médiateur du cinéma le conseil de la concurrence a estimé que : " les pratiques en cause ont eu pour conséquence de priver certains cinémas concurrents de l'accès à des films porteurs, indépendamment de toute justification en termes de compétitivité. Cet effet a été d'autant plus important que les demandes d'exclusivité concernaient des films porteurs, générateurs d'importantes recettes et souvent essentiels à la survie des cinémas concurrents de Ciné Alpes."

On ne saurait être plus clair à l'égard de comportements bien connus des distributeurs dont la dépendance à l'égard de la grande exploitation a jusqu'à présent empêché toute saisine du conseil.

La décision concernant Ciné-Alpes pourrait aussi avoir des effets allant au delà du secteur de l'exploitation cinématographique.Au moment où le terme bizzaroïde de "Catch up TV " envahit les journaux professionnels , les grands opérateurs de télévision et les organisations professionnelles du cinéma feraient bien de méditer ces considérants bien sentis:

"164. Comme le rappelle le rapport annuel du Conseil de la concurrence de 1997, les pratiques
en cause font partie des infractions les plus graves : " Certaines pratiques présentent en
elles-mêmes un caractère particulier de gravité. Ainsi, les pratiques de boycott ou d'exclusion sont par leur nature même parmi les plus graves au regard des exigences d'un fonctionnement normal du marché, élément dont a tenu compte le Conseil dans toutes ses décisions concernant des pratiques d'exclusion ou d'entraves à l'accès au marché" .
165. En l’espèce, le GIE Ciné Alpes, cinquième exploitant dans un secteur extrêmement atomisé, a usé de son pouvoir de marché sur des marchés où il est en monopole ou en position dominante pour obtenir des avantages sur d’autres marchés connexes où il est en concurrence. Les pratiques concernées sont graves par nature en ce qu’elles ont eu pour objet et pour effet d’évincer des concurrents et de verrouiller tout ou partie de plusieurs marchés, portant ainsi une atteinte durable au fonctionnement
de la concurrence sur les marchés de l’exploitation des films concernés."

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