Le PS et les artistes

9 mai 2009 par - économie numérique

Dans un article publié par le journal "Le Monde" Jean-Michel Normand décrit de façon objective la rupture entre le PS et les artistes dont beaucoup étaient depuis longtemps des compagnons de route de leurs dirigeants.

Il explique la "façon pour le moins chaotique" dont le parti a élaboré sa position vis à vis du projet "création et Internet", sans prendre l'élémentaire précaution de consulter le monde de la création en vue  d'élaborer des propositions réalistes.

Le choix du PS est d'abord électoraliste et fondé sur cette vérité mathématique rappelée par Catherine Tasca qu'il y a plus d'internautes électeurs que d'artistes et d'auteurs.

Les quelques députés socialistes qui avaient vivement contesté la loi DADVSI pourtant simple transposition d'une  directive européenne négociée à Bruxelles par le gouvernement de Lionel Jospin, ont imposé au Parti leur ligne de soumission du droit d'auteur aux nouvelles technologies et leur doctrine de l'impossibilité de réguler l'Internet dont l'usage illicite doit être autorisé et non sanctionné.

Les nombreux cinéastes qui se sont rendus dans les tribunes de l'Assemblée Nationale pour assister aux débats en sont sortis écoeurés de voir leur travail ainsi méprisé par les représentants d'un parti qui avait jusqu'à présent participé et souvent défini le consensus que la classe politique avait su  dans notre pays établir  pour défendre la création nationale,bien commun qui contribue puissamment à notre identité.

Ce qui frappe dans la position du PS, c'est qu'hormis la posture critique à l'égard d'une loi élaborée à la suite d'une intense concertation et sous la houlette d'un homme Denis Olivennes dont on ne peut dire qu'il soit un héraut de forces réactionnaires et répressives, aucune idée neuve n'est apparue depuis trois ans.

La contribution créative n'est que la version repeinte en impôt de la défunte licence globale et à l'heure du débat européen , le PS français apparait bien seul sur une ligne d'expropriation contraire à tous les principes juridiques qui régissent la propriété littéraire et artistique.

On m'objectera que c'est aussi le cas du système de l'hadopi, mais pour bloquer l'hadopi il faut changer la norme européenne ce à quoi s'emploient à Bruxelles et Strasbourg les nombreux amis de Guy Bono

Et puis, il faudra  expliquer comment  le système de contribution créative décidé dans son splendide isolement par notre Pays sera arrêté à nos frontières sous peine de créer de graves et coûteux contentieux avec les Etats qui défendent des règles de droit protégées par les traités internationaux.

La vérité toute simple est que le PS est très à l'aise dans une stratégie d'opposition aux gouvernement même lorsque l'objectif est de défendre la création française, mais sans aucune crédibilité par manque de réflexion de fonds dès qu'il s'agit non de s'opposer mais de proposer.

Dernier avatar de ce triste débat, les sordides manoeuvres génératrices de petites phrases sur l'age des capitaines.

Nous sommes jeunes, ils sont vieux. Des artistes vieillissants soutenus par des politiques vieillissants dont nous sommes prêts à prendre la relève.

Quand on reçoit en héritage une politique culturelle aussi ambitieuse et réussie que celle conduite par Jack Lang et Catherine Tasca, on ne la renie pas pour un plat de lentilles fussent elles numériques.

Commentaires (52)

 

  1. Ghost in the Shell dit :

    «  »Le discours sur la prétendue censure du net confine à l’absurde.Rien n’est plus éloigné des créateurs que l’idée de censure. Faire respecter le droit d’auteur c’est le contraire de la censure c’est au contraire faire respecter une liberté pour le coup fondamentale celle de s’exprimer et de créer. » »

    C’est encore pire que tout dans 1984 avant Big Brother on tue les artistes… dans notre réalité c’est les artistes qui se lie avec le pouvoirs pour tuer la liberté, honte aux artistes qui ont signés pour l’hadopi, ils valent encore moins que rien.

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