Le château

18 septembre 2012 par - audiovisuel

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Nul doute que si Frantz Kafka revenait parmi nous, il qualifierait l'actuelle chronologie des médias de "Colonie pénitentiaire" et situerait à Bruxelles, plus précisément dans l'immeuble Berlaymont  l'intrigue de son roman "Le château ".

Selon un sondage IFOP pour le Figaro Le désamour entre les citoyens  et la politique de l'UE continue de s'accentuer et si c'était à refaire une majorité de Français voteraient contre le traité de Maastricht donnant raison à titre postume  à Philippe Seguin.

Bien sûr la monnaie unique est devenue le bouc émissaire de politiques économiques désatreuses qui ne peuvent être compensées par des dévaluations,mais la manière dont l'Europe fonctionne entre week-end de crise et sommets de la dernière chance ne peut que susciter regrets et incompréhensions.

Dans le domaine de la culture l'exception culturelle et la défense de la diversité culturelle ne sont que des mots creux qu'une armée de fonctionnaires vide de sens en soumettant les mesures positives proposées par les Etats membres aux règles du commerce et de la concurrence,empêchant ainsi la prise en compte des spécificités de chacun .

Le dossier de la taxe sur les services de télévision toujours  bloqué à Bruxelles est exemplaire puisqu'au nom d'une doctrine de non assujetissement des activités de télécommunication la bureaucratie bruxelloise  veut empêcher le CNC de percevoir sa contribution sur les activités audiovisuelles des opérateurs favorisant ainsi les tricheries de certains au détriment du financement de la création.

On pourrait réaliser un inventaire à la Prévert des mesures de soutien à la création bloquées ou retardées par les officines au nom de la marchandisation de la culture .

On pourrait lister les hommages rendus aux tricheurs de l'Internet spécialistes de l'optimisation fiscale et les critiques infondées lancées contre les créateurs et ceux qui les défendent.

Dernier exemple en date le projet de directive sur la gestion collective rédigée comme une partition musicale sans aucune concertation avec les représentants des sociétés audiovisuelles qui ignore totalement que les modèles économiques  de la musique et ceux du cinéma et de l'audiovisuel sont fondamentalement différents et exigent donc des traitements différenciés.

Uniformisation et banalisation sont les 2 mamelles d'une Europe en admiration béate devant les géants américains de l'Internet qui sont le cheval de Troie d'une dérégulation menaçant  l'écosystème de la création.

Face à ces géants la nouvelle doctrine est de protéger les auteurs contre les abus de position dominante de leurs propres sociétés sans doute pour les laisser seuls et désarmés au mains des opérateurs commerciaux dont le respect des droits des créateurs est bien connu.

Quand les bureaux ont pris le pouvoir, il  reste à espérer que les politiques à défaut d'argent aient au moins la volonté de redonner à l'Europe le sens de l'action pour le progrès et la diversité des expressions culturelles.

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