Paroissiennes et paroissiens

23 décembre 2016 par - Weblog

© SNC

La trêve des confiseurs aura bien lieu, après une fin de session parlementaire mouvementée mais marquée par deux avancées en matière d’égalité.

Avec la taxe dite « YouTube » d’abord, le Parlement emmenée par la pugnace  Karine Berger a décidé de boucher un  trou dans la raquette du CNC et donc du financement de la création audiovisuelle et du cinéma en mettant  sur un pied d'égalité tous les services qui proposent des œuvres audiovisuelles et cinématographiques. Les pleurnicheries des délocalisés  habitués à ne payer aucun impôt n'ont  pas ému les parlementaires  qui savent de mieux en mieux distinguer en matière fiscale le vice de la vertu.

Même si rien ne justifiait ce régime d’exception, la résistance fût âpre du côté de ceux qui voulaient se donner des airs de village gaulois mais qui, comme toujours, défendaient surtout des intérêts de puissantes sociétés dirigées de l'autre coté l'Atlantique.

Et ce feuilleton à rebondissement nous a aussi permis d'entendre  la petite musique aigrelette de drôles de paroissiens, toujours prompts à vouloir prendre dans l’assiette du voisin ce qui n'est pas dans la leur. Mais, au final, pas de fausses notes et un bon film !

Cette mesure d’égalité et de loyauté permet à l’architecture de la taxe sur la vidéo de retrouver  cohérence et  équilibre.

 

De manière plus discrète, le Parlement a adopté, à l’initiative de Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, et Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication, une disposition qui fera date : à partir du 1er janvier 2018, l’ensemble des commissions qui donnent des avis ou attribuent des aides et des subventions, participent à des sélections en vue de compétitions internationales, à l’acquisition, à la commande d’œuvres ou à la délivrance d’agréments, devront être composées d’au moins 40% de femmes.

 

Merci à nos deux ministres d’avoir réparé cette négligence de la loi de 2014 sur la parité qui avait choisi d’appliquer ce principe aux commissions relevant des ministères mais pas à celles relevant des établissements publics. L’erreur est réparée et c'est heureux car dans le secteur culturel une part importante de l'aide publique est attribuée par des établissements publics.

C’était aussi l’une des propositions que la SACD poussait dans sa brochure « Où sont les femmes ? »( http://www.sacd.fr/uploads/tx_sacdresources/ousontlesfemmes2016.pdf ). Il en reste encore 6 à mettre en œuvre pour qu’enfin, l’esprit de diversité et d’égalité souffle pleinement sur un secteur culturel qui en manque encore beaucoup !

 

On en retrouve des éléments dans la feuille de route sur l’égalité entre les femmes et les hommes, issue du dernier comité ministériel (http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Des-avancees-pour-l-egalite-entre-les-femmes-et-les-hommes-dans-la-culture-et-la-communication ), à laquelle participait l’infatigable Sophie Deschamps, au nom de la SACD. Les  perspectives qu’elle trace vont dans le bon sens. Mais, au-delà des propositions, c’est aussi l’engagement et l’implication personnels des responsables publics qui sera nécessaire dans les prochains mois . Pour passer le cap des résistances. Pour contrer des réseaux machistes encore très puissants. Pour mettre un terme à des réflexions d’un autre temps.

 

Trêve des confiseurs ou pas, la forte motivation d’Audrey Azoulay ou de Sylvie Pierre-Brossolette au CSA ne seront pas de trop pour renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes et lutter contre les stéréotypes. Elles trouveront toujours les autrices et les auteurs, le conseil d'administration de la SACD et son président Jacques Fansten pour les appuyer !

 

Belles fêtes de fin d’année à toutes et tous

Commentaires (1)

 

  1. lym dit :

    Une taxe de… 2%, sur des revenus publicitaires facilement minorables/transférables!

    Pas de quoi se réjouir, surtout quand on paie proportionnellement bien plus pour acheter la carte SD de son appareil photo!

    D’ailleurs, pas facile de savoir ce que l’on verse:
    http://www.copieprivee.org/la-copie-privee-cest-quoi/copie-privee-en-france/
    Renvoie vers copie france… et une page non trouvée!

    Ici on semble avoir plus de chance:
    http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Propriete-litteraire-et-artistique/Commission-pour-la-remuneration-de-la-copie-privee/Questions-pratiques/Les-montants-de-la-Remuneration-pour-Copie-Privee

    La technologie évoluant, nous en sommes à des clef USB atteignant… 2To, qui en France donneront au titre de la copie privée un surcout de 0.1€/Mo au delà de 8Mo, soit ici:
    0.10*2*1024=204€!!! Une bagtatelle!

    Après avoir tué le blu-ray comme stockage informatique, donc son adoption globale et sa capacité à remplacer le DVD (scie/branche…), le tour du stockage externe arrive!

    Bilan: Il est clair qu’il est plus simple de taper au larfeuille le pékin moyen que Youtube, qui ne devrait pas se remettre d’une telle ponction alors même qu’il doit probablement toujours supprimer sur demande les contenus sous droit!

    Cela s’appelle le beurre, l’argent du beurre… et le cul du cochon de payeur, mais oyez oyez: Il va bientôt voter!

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