Délire paranoïaque

30 septembre 2008 par - Weblog

 Interrogé sur un chat du journal "le monde" le député européen Guy Bono qui n'a rien à voir avec le chanteur de U2 explique pourquoi selon lui le gouvernement français défend  le projet de loi "création et internet".

"Il doit y avoir probablement plusieurs réponses à cette question. La première qui me vient à l'esprit : je me demande si le gouvernement ne cherche pas, avec cette loi et l'autorité Hadopi, à généraliser la récolte d'informations et également le fichage des internautes. A partir du contrôle des réseaux qui sera opéré par l'autorité Hadopi, et les fournisseurs d'accès Internet, on aura forcément les profils des utilisateurs : leur âge, leur orientation sexuelle, leurs opinions, etc., qui pourront être opérés et fichés. J'ai tendance à penser à ce premier point car cela s'est déjà manifesté par le fichier Edvige, et on retrouve là le même procédé.

Il y a probablement une deuxième raison : la protection des grandes industries du disque. Ce sont à mon sens les deux raisons essentielles, et ce qui me désole, c'est que cela se fait sur le dos des créateurs en disant que c'est pour les protéger, alors qu'on sait pertinemment que ce n'est pas le cas."

La première explication ne souffre aucune discussion et relève simplement d'un bon traitement psychiatrique adapté au délire paranoïaque et à cette  forme particulière dite du  délire en réseau  .

Quant à la deuxième qui vise à opposer créateurs que l'on soutient par de belles paroles et de fausses promesses aux ignobles marchands qui les exploitent, elle relève  d'un discours politicien en phase avec les moeurs du temps.

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Commentaires (64)

 

  1. Amoureux dit :

    Bravo M. Rogard, c’est avec des hommes de votre trempe que la France et la Culture Millénaire de notre Chère Europe vont être sauvées !

    Ahhhh, quel plaisir de lire votre prose argumentée, ciselée comme un tank chinois sur la place Tien An Men

    Quel bonheur de pointer du doigt les dérives dangereusement laxistes du parlement européen, à la solde des pirates du net, par on ne sait quel argent sale, grappillé par des milliards de MP3 contrefaits.

    Les millions d’artistes, vivement chichement de leurs œuvres admirables (grâce à votre travail inlassable, merveilleux, formidable, digne du prix Nobel de Mathématiques), sont rassurés de votre prise de position mesurée, équilibrée, pleine de tact et de diplomatie !

    Grâce à vous, les français savent à quoi s’en tenir ! Ils écouteront la voix de la sagesse et cesseront immédiatement de télécharger. Grâce au pouvoir d’achat redonné par le gouvernement, grâce à l’emploi qui repart, à la croissance libérée, ils se précipiteront dans les immenses rayons des grandes surfaces pour faire le plein de CD, de DVD à plein tarif.

    Merci de penser aux artistes, de créer des contrats répartissant les revenus des ventes équitablement, de faire rentrer autant d’argent dans les caisses des petits comme des grands !

    Si je le pouvais, je vous nommerai à l’Académie Française !

  2. Pascal Rogard dit :

    Et vous auriez raison de m’assurer ainsi l’immortalité…

  3. Stun dit :

    # Pascal Rogardle 01 oct 2008 à11:39

    Encore une information erronée, il n’est prévu aucun dispositif de contrôle chez les FAI.

    Bonjour,
    Je suis chez un petit FAI alternatif, donc assez proche du domaine technique.
    bien qu’étant assez néophite je me permet d’apporter une réponse technologique,chose que l’on oublie souvent.
    Le seul et unique moyen pour que HADOPI marche est le suivant : le FAI devra mettre sur la ligne de l’abonné (au niveau des DSLAM je pense) des mini « oridnateurs » dumpant (analysant) tout ce qui passe dans le « tuyaux ».
    après on applique un filtre… filtre qui sera quasi certainement laissé à l’appréciation de l’HADOPI :
    « quel type de trame? » « comment on reconnait le flux crypté? » etc etc, mais dans la pratique, l’intégralité complète de ce qui transite doit être analysé. La HADOPI est une sorte de boite noire (type men in black : des gens qui sortent d’on ne sait ou avec une carte officielle inconue qui vous disent « on s’occupe de tout ») qui devra analyser et filtrer les informations que fourniront donc les FAI…
    Vous avez raison, il n’y aura pas de contrôle chez les FAI stricto sensu, juste un enregistrement complet de ses données!

    Comment saurons-nous qu’aucun fond ne seront versés par les politiciens pour… lire les mails de leurs opposants,
    regarder ce que font certains dissidents, etc… Oserez vous prétendre que les agents en noirs HADOPI seront parfaits?
    j’ai peine à le croire… Je ne passerais pas sur les termes contenus « licites » de la lois qui sont habituellement
    présents dans les lois de dictatures (tout ce qui n’est pas spécifiquement autorisé est interdit!)
    Mais je m’étendrais sur les 3 scénarios possibles qu’instanciera la loi HADOPI :

    Alors la ça devient humoristique :
    Scénario 1 : Mamie Janne qui à un ordinateur et veux récupèré une musique de son enfance qu’elle a sur un 33tours va utiliser un réseau non crypté : pouf mail, etc… si elle ne sait pas lire ses mails (qui donc veut encore utiliser les messageries fournis par les FAI qui nous enchainent à leur service) elle ce verra sans net, sans savoir pourquoi.

    Scénario 2 : Robert 45 ans cadre dans la manutention à internet avec une Machinbox. clef wep 64 bit + aucun filtrage mac ==> 20 minute pour avoir un accès total et complet en Administrateur à toute sa configuration… et hop 1 semaine plus tard il ce fera couper internet. Tout le monde n’est pas adminsys, même vous Pascal Rogardle, je suis sur qu’un voisin si votre propriété n’est pas trop grande pourrait s’introduire et télécharger à votre insu.

    Scénario 3 : moi qui en ai marre de ne pas trouver mes artistes en maison de disque, marre de ne pas pouvoir utiliser le streaming car non compatible, marre d’avoir droit à des bô DRM qui m’empèchent de lire la musique légale… Et bien moi, je rejoindrait les autres sur des réseau cryptés, ou je téléchargerais sur la connection d’un pauvre voisin… Dommage pour lui, mais c’est des gens comme vous, souhaitant cette loi telle qu’elle est actuellement, qui forment ce genre de mentalité.

    Il faut que vous comprenez que les internautes ne veulent pas la mort des artistes…
    Pourquoi ne peut on pas faire de dons aux artistes sur leurs site par paypal?
    Jusqu’a présents touts les « prix libres » que je connais s’en sortent très bien (débat possible non?)…

  4. Ro dit :

    Bonjour.

    J’ai lu avec un intérêt certain les réponses que vous apportez aux réactions constructives à votre billet.

    Néanmoins, je suis vraiment curieux de lire vos réponses aux commentaires de Gnafron : il me semble que celui-ci a mis le doigt sur un point important. Merci de me corriger si je fais erreur sur certains points, n’étant moi-même pas expert de ces questions.

    Si l’avertissement est émis par l’ Hadopi, autorité publique, les infractions seront constatées par des sociétés privées. C’est là qu’a mon avis le bât blesse : si ces infractions sont relevées ainsi, il est dans l’intérêt des sociétés mandatés par les ayants droits de relever le maximum de preuves, qui seront ensuite présentées à l’Hadopi. Comment assurer alors un traitement équitable et juste de celles-ci si l’Hadopi venait à être débordée ? Les affaires seront elles alors expédiées rapidement, ou simplement laissées de côté jusqu’à désengorgement ?

    Le deuxième point concerne la validité de telles preuves : si, après quelques avertissements, l’ Hadopi décide de porter l’affaire devant les tribunaux, quelle est la valeur juridique de telles preuves ? Ne risque t on pas d’engorger de nouveau les tribunaux avec des procès compliqués s’il faut légitimer ces preuves , voir reprendre une enquête depuis le début ? Et si ces preuves sont acceptées telles quelles, cela représenterait alors un changement profond de la conception de la justice.

    Je souhaiterais par ailleurs rebondir sur vos (durs) mots à l’égard de M. Bono. Peut-être que ce discours ,tenu ains,peut choqueri mais je crois qu’il est important , pour reprendre une expression d’un billet précédent , de ne pas « faire entrer le loup dans la bergerie ». Cela vous semblera paranoïaque sans aucun doute, mais il me semble indispensable de ne pas mettre en place des outils pouvant servir à contrôler les citoyens, dans l’hypothèse où notre régime démocratique serait renversé et remplacé par un régime à vocation totalitaire. Oui, cette hypothèse est réellement improbable à l’heure d’aujourd’hui, mais que peut on affirmer pour le futur ? Cela participe pour moi d’un indispensable débat public sur les données collectées sur les citoyens et l’utilité réelle qu »elles ont par rapport aux possibilités de dérive.

    Merci de faire progresser le débat sur ces questions, permettant de sortir des sempiternels clichés « suppôts la solde des Grandes Compagnies contre méchants pirates souhaitant détruire l’industrie culturelle »

  5. ZEUZX dit :

    l’immortalité est la science des justes… Vous avez encore quelques siécle pour y mediter…

  6. Pascal Rogard dit :

    Les détenteurs de droits peuvent effectivement constater qu’une adresse IP correspond à un acte de téléchargement illicite.
    Il peuvent actuellement saisir le juge judiciaire d’une requête visant à obliger le FAI concerné à leur communiquer le nom et l’adresse de la personne en cause et ensuite saisir au pénal les tribunaux.
    Dans le système Hadopi, l’autorité indépendante sert de filtre et les détenteurs de droits ne connaitront pas l’identité des personnes dont une adresse IP a été repérée en relation avec un acte de téléchargement illicite.
    En ce qui concerne Mr Bono ce qui me choque et m’amuse car la ficelle est vraiment trop grosse, c’est la démarche politicienne qui vise à assimiler le système de réponse graduée au fichier Edvige et vise à créer une suspicion généralisée en faisant croire que l’objet du fichier irait au delà de la lutte contre le téléchargement illicite qui bien évidemment n’a nul besoin de collecter des informations sur les orientations sexuelles, les choix politiques ou les goûts culinaires des internautes.

  7. Blackstone dit :

    « […]qui bien évidemment n’a nul besoin de collecter des informations sur […] les goûts culinaires des internautes. »
    .
    … sauf, bien sûr, lorsqu’il s’agit de leur faire avaler des couleuvres.

  8. Pascal Rogard dit :

    Quel sens de l’humour… impressionnant

  9. Stun dit :

    Après discution, d’autres moyens sont envisageables pour mettre en place l’HADOPI… mais bon les méthodes techniques ne seront pas communiqués à la plebe (sécurité par l’obscurité?)

    Non je trouve surtout que depuis el début, il y a une question que vous évitez poliement :

    Vous écrivez, je cite : « […]qui bien évidemment n’a nul besoin de collecter des informations sur les orientations sexuelles, les choix politiques ou les goûts culinaires des internautes.[…]

    D’accord donc en théorie, dans un monde parfait, le gens de Hadopi ne surveillerons que les actions illégals des consomateurs.
    Dans le même monde parfait, les gueux français seraient eux aussi parfaits et donc ne ferait rien d’illégal, n’est ce pas?

    Donc s’ils téléchargent… c’est que le monde n’est pas parfait, et donc que les membres obscure de HADOPI ne seront pas parfaits…

    Ma question est la suivante : Par quel moyens, quelles preuves, pouvez vous nous démontrer que nos craintes sont injustifiées? Pouvez vous nous rassurer sur le fait qu’aucun homme politique ne pourra récupèrer d’infos confidentielles par ce biais?

    La réponse « en théorie ils n’en n’ont pas besoin » est evidement insufisante, voir le début de ce commentaire.

    Merci d’avance pour votre réponse, M Pascal Rogard.

  10. alain dit :

    l’amendement 138 vient d’être retiré par Sarkozy!!! un vrai tour de magie!

    vous connaissez si bien que ça monsieur le président?

    Au moins grâce a votre lobby , on sait qu’un parlement ça ne sert à rien.

  11. Thomas dit :

    « créer une suspicion généralisée en faisant croire que l’objet du fichier irait au delà de la lutte contre le téléchargement illicite »

    Malheureusement monsieur Rogard, rien dans la loi nous garantit cela, vous savez très bien que les dérives sont possibles. Les lois n’encadrent pas assez les dérives et les abus, on le constate avec un exemple sans précédent de l’actualité : la crise économique en grande partie due à des abus, la loi ne règlementait pas cela, on voit le résultat.

    Il en est de même pour le piratage : la loi n’encadre pas les transferts illicites de manière efficace, c’est l’objectif d’HADOPI de remédier à cela, soit. Mais pourquoi dans ce cas ne pas blinder le projet en :

    1- Faisant en sorte que le fichier ne concerne uniquement le piratage d’oeuvres protégées,
    2- Faisant en sorte que la sanction se substitue à la peine judiciaire au lieu de s’y ajouter.

  12. Pascal Rogard dit :

    Il est clair que le fichier de l’Hadopi ne concernera que la lutte contre la contrefaçon numérique. De plus les décisions de l’Hadopi seront soumises au controle de l’autorité judicaire .
    Sur le deuxième point, je suis certain que cette question fera l’objet d’un débat au Parlement. Mais n’oubliez pas que la loi DADVSI avait prévu pour les téléchargements illicites à usage personnel de substituer un régime de contraventions au régime du délit actuellement prévu par la loi. Cette disposition a été annulée par le conseil constitutionnel suite au recours formulé par les parlementaires de l’opposition.
    Le débat parlementaire permettra aussi je l’espère de lever les craintes à mon sens totalement infondées d’une utilisation du fichier de l’Hadopi à des fins politiques.

  13. oc dit :

    D’abord et avant tout il faut rendre hommage à votre courage d’intervenir sur le réseau, communauté qui n’est pas forcément favorable à vos opinions, pour défendre ces dernières.

    Vous omettez de préciser que le régime de contraventions initialement prévu par la loi DADVSI a été annulé par le Conseil Constitutionnel au motif qu’il rompait l’égalité entre justiciables pour un même délit : une contrefaçon n’a pas à être plus ou moins sanctionnée selon qu’elle est ou non commise par internet. Et c’est bien là tout le problème depuis le début, comme vous le savez certainement. Lorsqu’un comportement social illégal devient un comportement de masse, il devient concrètement impossible de le sanctionner comme si c’était un comportement exceptionnel. La machinerie judiciaire française est équipée pour traiter quelques centaines de contrefaçons par an, et non les dizaines de milliers dont vous vous plaignez. D’où le « système Hadopi » qui a cet avantage de court-circuiter le processus judiciaire. Malheureusement, ce remède n’est pas meilleur que le mal.

     » Il n’y a rien de choquant à ce que des autorités indépendantes puissent avoir un pouvoir coercitif dès lors qu’elles agissent sous le contrôle des autorités judiciaires ce qui sera le cas de l’Hadopi ». Vous ne pouvez pas être sérieux en écrivant cela. D’une part il n’existe en France aucune autorité indépendante dotée d’un pouvoir coercitif qu’elle pourrait exercer à l’encontre de tout citoyen sans aval préalable d’un juge. Ainsi, dans un domaine voisin, la CNIL ne peut exercer de sanctions que dans des conditions extrêmement restrictives. D’autre part vous savez évidemment que ce contrôle est inexistant sauf a posteriori et à l’initiative de l’internaute. En dernière analyse, la loi actuelle vous oblige à faire un procès à un internaute accusé d’une infraction pour prouver sa culpabilité et obtenir des dommages intérêts ; le système Hadopi obligera l’internaute à vous en faire un pour prouver que vous l’accusez à tort. Or ce procédé est directement contraire à l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

    Ce système permet à l’Hadopi de présumer de l’identité d’un auteur de téléchargement illicite par un seul moyen : l’adresse IP, qui révèle seulement le titulaire de l’abonnement internet. L’outil répressif à la disposition de cette autorité – c’est-à-dire à la vôtre – consiste en la suspension de l’accès internet alloué à l’adresse IP en question. Pareil procédé peut s’avérer viable tant qu’il permet de découvrir des adresses IP de particuliers qu’on menace d’une fermeture d’accès. Mais si l’IP du contrevenant est celle d’une grande société ou d’un établissement public ? L’adresse IP ne révélera rien d’autre que les coordoonnées de la société en question. Si le téléchargement s’opère depuis la clinique Tartempion parce que le fait d’une secrétaire d’un service quelconque, vous envisagez sérieusement de fermer l’accès internet d’un établissement de santé ? Si un chauffeur du Ministère des Affaires Etrangères qui s’ennuie entre deux courses télécharge des MP3 pour son baladeur, vous croyez réellement que l’Hadopi va envoyer trois mises en demeure au Quai d’Orsay avant fermer son accès internet ? En réalité, ce projet n’est véritablement applicable qu’à des particuliers, essentiellement des personnes physiques qui téléchargeraient à partir de leur domicile et non, par exemple, sur le lieu de travail. De ce fait il instaure une inégalité entre les justiciables et c’est, entre autres, ce qui le rend profondément inique.

  14. C est un grand plaisir passez a lire ce billet, je vous en remercie vraiment !!!

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