Charité bien ordonnée

7 février 2009 par - audiovisuel

Charité bien ordonnée commence par soi même et les producteurs qui ont mis  leur revendications syndicales au coeur de la problématique des réflexions du club des 13 savent indubitablement bien compter.

Les mesures annoncées par le CNC  vont dans le sens d'une forte mutualisation du soutien public et participent de ce mouvement de balancier qui veut que lorsque la part de marché du film français est au plus haut, il devienne nécessaire d'éviter les effets spéculatifs du soutien automatique à la production afin d'en mieux répartir les bénéfices sur tous les films.

Nul hormis sans doute les grandes maisons regroupées au sein de la bien dénommée Association des producteurs indépendants associant  Gaumont, MK2 , Pathé et UGC ne contestera la nécessité de rendre plus redistributif le soutien à la production.

Le  renforcement du role du producteur délégué et l'amélioration de sa situation financière n'ont par contre de sens que s'ils sont étroitement liées à une vraie réforme  permettant d'assurer la transparence des recettes et de mettre fin au profond dysfonctionnement de la gestion individuelle des droits d'auteurs constaté par deux études du ministère de la culture et confirmé par le rapport Bonnel.

Quant aux mesures annoncées en faveur des auteurs attendons qu'elles soient précisées pour en juger la portée. On  saura alors si les créateurs verront leur droit au soutien automatique enfin reconnu ou s'ils devront encore jouer les ramasse-miettes .

Commentaires (5)

 

  1. VERAN dit :

    Pascal, bonjour, une question (ou deux)

    Le soutien automatique ayant vocation à être réinvesti sur un nouveau projet et ne pouvant être considéré (sauf erreur) comme un supplément de revenu n’y a t il pas un risque que dans la relation producteur auteur le premier soit tenté de faire passer le soutien à obtenir par l’auteur comme un revenu (risqué) le dispensant de payer (en partie) l’auteur alors qu’il ne serait (toujours sauf erreur) qu’une avance possible sur les frais de l’auteur pour un futur travail ?

    Autre façon d’aborder le même point, n’y a t il pas un risque que le soutien obtenu par l’auteur sur une oeuvre « 1 » ne soit finalement considéré comme une source suffisante de fonds pour l’écriture de l’oeuvre « 2 » , une sorte d’à valoir auto-financé (par l’auteur lui même) par un succés précédent en quelque sorte. Ce qui au final pourrait revenir au même que certaines situations actuelles ?

    Lucien Véran.

  2. Pascal Rogard dit :

    L’idée du soutien automatique auteur part du constat que les auteurs sont les seuls intervenants français à contribuer au compte de soutien puisque les taxes qui le financent sont déduites de l’assiette de leur rémunération proportionnelle sans bénéficier d’une aide automatique.
    Le dérives que vous soulignez peuvent effectivement se produire mais si les à valoir des auteurs baissent du fait d’une compensation par le soutien , ils bénéficieront d’un meilleur retour de rémunération proportionnelle à condition bien entendu que la transparence des comptes soit établie et c’est là un des enjeux de la mise en oeuvre de plusieurs préconisations du rapport Bonnel.

  3. VERAN dit :

    Mais devront ils prouver en rendant eux aussi des comptes (?) qu’ils réinvestissent leur part dans un nouveau projet ?

    L Veran.

  4. Pascal Rogard dit :

    Rien n’ a été décidé mais ils devront sans doute donner des justifications par rapport à un projet de film.

  5. VERAN dit :

    Il est probable que Bercy objecte qu’un soutien de ce type ne doit pas devenir un revenu. Il va falloir être très convainquant.

    Lucien Véran.

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