No logo

9 mars 2010 par - audiovisuel

Les auteurs d'oeuvres cinématographiques et audiovisuelles sont protégés par le droit moral qui interdit toute modification de l'oeuvre sans leur consentement. Il a déjà été jugé que l'incrustation d'un logo pendant la diffusion de l'oeuvre était une atteinte au droit moral.

Mais après les logos des chaînes, ceux annonçant à France Télévisions le programme suivant, ceux signalisant les programmes pouvant poser des problèmes au regard de la protection de l'enfance et de l'adolescence, le CSA continue au mépris du respect des règles de la propriété littéraire et artistique à persévérer dans la folie des pictogrammes en prévoyant des incrustations dans les films ,téléfilms et vidéomusiques faisant l'objet d'un placement de produits .

L'ironie de la situation, c'est que ce sont les oeuvres les plus créatives et dont les auteurs sont protégés qui peuvent faire l'objet de cette publicité dissimulée alors que les programmes  de téléréalité et autres genres illustrés par des émissions aussi emblématiques que "C 'est du propre" ne sont pas susceptibles d'être ouverts à ce type de promotion.

Les dispositions arrêtées par le CSA sont les suivantes:

Conformément au 4° de l'article 14-1 de la loi du 30 septembre 1986, les téléspectateurs doivent être clairement informés de l'existence d'un placement de produit. A cette fin, les programmes comportant du placement de produit sont identifiés par un pictogramme dont la forme et les caractéristiques techniques sont arrêtées par le conseil.
Ce pictogramme apparaît pendant une minute au début du programme, pendant une minute après chaque interruption publicitaire et, à la fin du programme, pendant toute la durée du générique.
Lors de la diffusion d'une vidéomusique, le pictogramme apparaît pendant toute la durée de diffusion de celle-ci.
Ces modalités d'information s'imposent quelles que soient l'origine et les conditions de production du programme.
Les services de télévision informent régulièrement les téléspectateurs de la signification de ce pictogramme.

Pour le  lancement du système il est également prévu le dispositif renforcé suivant:

1. Pendant une période de deux mois à compter de la date de la première diffusion par l'éditeur d'un programme comportant un placement de produit, le pictogramme apparaît durant cinq secondes au début de la diffusion du programme dans un bandeau accompagné de la phrase suivante clairement lisible : « Ce programme comporte du placement de produit ». Après la diffusion de ce bandeau, le pictogramme apparaît selon les modalités fixées au VII de la présente délibération.
2. Au terme de cette première période, les téléspectateurs sont informés de l'existence d'un placement de produit selon les modalités fixées au VII de la présente délibération.

Il sera amusant de voir comment cette réglementation sera appliquée aux oeuvres  étrangères à l'intérieur desquelles il ne sera pas évident pour les diffuseurs de détecter le placement de produit.

Pas de difficultés pourtant pour les éventuelles suites de la saga de la coccinelle, ce qui contraindra les amateurs de choupette désireux de voir leur voiture préférée sans être défigurée par le logo d'acheter les DVD.

Mais que les créateurs se rassurent  en matière de logo, le pire n'est pas encore là et la télévision interactive nous promet encore plus d'incrustations qui habilleront les images de vos stars préférées et vous inciteront à consommer ou à jeter votre téléviseur à la poubelle.

Commentaires (14)

 

  1. Stun dit :

    Donc au choix :
    – La TV avec ses pubs incrustées.
    – Les DVD/BR avec leur pub obligatoire, messages culpabilisant (si le CONsommateur fait partit des privilégiés qui ne doivent pas casser les protections CSS illégalement pour accéder au DVD!!!).
    – Le « piratage » : aucun problème de ce genre.

    Continuez donc à proposer une offre légale minable/cher/non-interopérable, ça fera sûrement augmenter le nombre de ventes/entrées…

    L’autruche devrait sortir la tête du sable avant de manger la vague de technologie qui va l’écraser.

  2. Pas sûr de saisir… Cette disposition sera appliquée sur les DVD ou juste sur les films retransmis à la télé ?

  3. Guikk dit :

    Une fois n’est pas coutume, Mr Rogard, je suis d’accord avec vous.
    Cela dit, une fois n’est toujours pas coutume, votre défense des auteurs va dans le sens de la défense des consommateurs au détriment des industriels diffuseurs.

    En effet, il est rageant de ne pas pouvoir profiter d’un bon film ou d’une bonne série sans le logo de la chaine, il sera encore plus rageant de voir un message annonçant le placement de produits pendant 1mn au début du film + 1mn après chaque coupure pub, soit vraisemblablement 3mn du film !
    Une chose qui est bien c’est que les chaines ne respectent en général pas la diffusion complète du générique, on aura économiser le message au moins là dessus.

    • Pascal Rogard dit :

      Merci, mais au risque de me répéter je défends des individus qui écrivent réalisent et mettent en scène et pas les industriels de la culture

      • Guillaume dit :

        C’est exactement ce que j’ai écrit. Vous défendez les artistes, point. Mais par voie de conséquence, vous vous retrouvez plus souvent à prendre la défense des industriels plutôt que celle du public.

        • Pascal Rogard dit :

          Défendre les artistes a pour conséquence de défendre les industriels, curieux raccourci.

        • Guillaume dit :

          Monsieur, encore une fois, votre mauvaise foi est incroyable.
          Comment pouvez-vous dire que vous ne vous trouvez pas plus souvent à défendre les industriels qu’à défendre le public ?

          Tout bêtement sur l’HADOPI, vous êtes du coté des artistes et vous vous retrouvez donc du coté des industriels et contre le public.

          Il n’y a guerre que sur la chronologie des média que vous êtes du coté du public.

        • Pascal Rogard dit :

          Je doute fort qu’il y ait une entité homogène denommé le public qui sur l’ensemble de ces sujets penserait de façon uniforme.

        • Guillaume dit :

          Tout comme je doute fort qu’il y ait une entité homogène dénommée « auteurs et compositeurs dramatiques » qui penserait exactement comme la SACD, toutefois, vous en représentez certains au nom de tous.
          Vous (pensez) représentez(r) une majorité, vous généralisez, je fais de même.

  4. Philippe Axel dit :

    Jean Ferrat disparait et le placement produit apparait
    http://bit.ly/cptf3t

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