Plus dure sera la chute

23 juillet 2013 par - économie numérique

DR

La vidéo physique à la différence du cinéma en salles n'aura peut-être été qu'un accident de l'histoire.

Les chiffres publiés par le CNC et GFK montrent un nouveau tassement significatif du volume de supports vendus en baisse de 10,5 % au premier semestre 2013 par rapport à la même période 2012. La montée en puissance du format Blue-ray (+3,9%)  est ,en effet , insuffisante pour compenser le déclin sans doute inexorable du DVD (-12,4%).

Les films français souffrent terriblement de la désaffection du public en reculant de 37,3%.

Quant à la VàD qui pourrait faire office de marché de substitution son chiffre d'affaires est aussi en recul de 6%.

Bref une sévère punition pour les professionnels qui ont trouvé un bouc émissaire idéal dans les pouvoirs publics accusés de favoriser la piraterie en annonçant la fin de l'Hadopi et la suppression de la mesure au demeurant jamais appliquée de suspension de l'accès à Internet.

La contrefaçon numérique se nourrit d'abord de l'absence de disponibilité des oeuvres particulièrement pour les séries qui créent un véritable effet d'addiction souvent impossible à satisfaire légalement en raison des trops longs délais de diffusion entre les USA et la France.

Il arrive aussi que l'on soit puni par où l'on a péché.

Le non respect par l'édition vidéographique de la disposition législative prévoyant une rémunération des auteurs proportionnelle au prix public ainsi que l'opacité des pratiques commerciales décrédibilisent les pleurs et grincements de dents de ces " victimes " elles-mêmes coupables de bien des turpitudes .

Par ailleurs ce secteur hormis la taxe minime qui abonde les ressources du CNC ne contribue en rien à notre politique d'exception culturelle.

On ne versera donc pas de larmes de crocodiles sur sa fin programmée 

Souhaitons pour la création  qu'une politique intelligente de développement  de la VàD , un cadre transparent de rémunération des créateurs déjà accepté par les plus importants groupes cinématographiques et audiovisuels , une offre abondante et facile d'accès donnent à la VàD le souffle qui lui manque encore.

Commentaires (2)

 

  1. Lucien Véran dit :

    Dur.

    Un peu dur avec les éditeurs vidéo, il y en a bien qui font un vrai travail d’éditeur et ajoute de la valeur aux œuvres (je pense par exemple aux éditions Montparnasse).

    Ceci étant il y a surement plusieurs marchés, celui du fond classique n’étant pas celui du flux où une série pousse l’autre. L’on peut s’attendre aussi à voir fleurir des initiatives variées pour coordonner d’une façon nouvelle la salle et la salon.

    Bonne (et chaude) journée.

    Lucien Véran. Aix Marseille Université.

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