Le condamné à mort ne s’est pas échappé

11 décembre 2020 par - audiovisuel, Cinéma

En France, en décembre 2020, on peut donc s'agglutiner très serrés dans les transports, promener son chien dans le parc voisin, faire son semi-marathon quotidien, se faire couper les cheveux dans une boutique, acheter une tronçonneuse dans un magasin de bricolage, faire le plein de boutures dans une jardinerie, humer le bon air des centres commerciaux avec quelques milliers d’autres individus, entonner ses chants religieux préférés dans son église favorite, sillonner les allées des hypermarchés, laisser les enfants manger dans les restaurants scolaires, mais le Premier ministre l’a annoncé hier soir : le cinéma, les théâtres et les musées resteront interdits !

 

La sidération qui a frappé le monde de la culture ces derniers mois, souvent mis devant le fait accompli avec des annonces d’interdiction et de couvre-feu prises sans concertation ni vote du Parlement, laisse place désormais à une indicible colère face au mépris des nouvelles mesures du gouvernement.

 

L’annonce d’une fermeture prolongée des cinémas et des théâtres pour trois semaines au moins intervient sans aucun égard pour des professionnels qui, dans les cinémas et les théâtres, ont redoublé d’efforts pour renforcer encore des protocoles sanitaires déjà très stricts et rouvrir leurs portes dans une semaine. Elle se fait sans aucune prise en compte des constats scientifiques qui n’ont jamais mis en évidence de foyers épidémiques dans ces lieux de culture qui s’avèrent être très sécurisés pour le public et garantissant le respect des gestes barrières.

L'épisode ridicule de la fermeture des librairies jugées non essentielles puis des rayons livres des hypermarchés pour le plus grand profit d'Amazon aurait du nous alerter .

Plusieurs scientifiques ont réaffirmé avec force que la lutte contre la pandémie ne justifiait pas la fermeture des lieux de culture. Les français qui connaissent des situations autorisées comportant beaucoup plus de risques sont incrédules devant ces mesures qui les privent d'un grand bol d'air frais à un moment où le confinement est psychologiquement durement ressenti.

Il fut un temps où le Premier Ministre lui-même vantait l'approche territoriale et les mérites de décisions décentralisées prises à l'échelon des territoires en concertation avec les professions concernées. On est revenu à l'imposition brutale de restrictions décidées au plus haut sommet de l'Etat sans aucun égard pour le monde artistique qui avait pourtant courageusement résisté et s'était organisé pour retrouver le contact avec le public.

Quant au Président de la République bien incapable de justifier la mesure il n'a de Bruxelles rien d'autre à dire à l'ensemble de la création française que: "circulez il n'y a rien à voir".

 

La prolongation de l’interdiction de jouer pour les théâtres et les cinémas ne se fait pas au nom de la rationalité scientifique ou sanitaire, tant les risques sont faibles, mais sous le régime d'un mépris de la culture par la technostructure qui nous gouverne.

 

Alors que le cinéma vacille et que le spectacle vivant est exsangue, le gouvernement assène un nouveau coup de massue aux dizaines de milliers de créateurs et de professionnels de la culture dont beaucoup ne pourront pas reprendre leurs activités de création, de production et de diffusion.

 

La SACD refuse la casse créative et sociale que notre pays est en train de mettre en œuvre au nom de la lutte contre le Covid-19 . Elle met à genou des structures, des lieux, des femmes et des hommes qui donnaient des voix et des visages à notre exception culturelle.

 

Elle évalue et étudie tous les moyens juridiques à sa disposition pour contester ces mesures punitives et privatives de liberté et permettre à la vie culturelle et à la création de pouvoir s’exprimer à nouveau dans le respect de règles sanitaires strictes.

 

L’Etat d’urgence doit désormais être sanitaire et culturel.

 

 

 

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Commentaires (2)

 

  1. Courrège dit :

    Il est urgent d’agir ensemble en utilisant tous les moyens à la disposition de celles et ceux qui travaillent, s’investissent, participent ou soutiennent le monde de la culture dans tous ces aspects. Aux moyens juridiques il me semble nécessaire d’ajouter des actions citoyennes. Celles-ci peuvent prendre des formes multiples: Interventions répétées de personnalités dans les différents médias – Actions ponctuelles et pacifiques devant les lieux de spectacles vivants ou cinémas tant à Paris qu’en province. Ce ne sont que quelques propositions qui peuvent et doivent être complétées. Nous sommes toutes et tous auteurs de notre vie professionnelle. Nous revendiquons le droit de vivre et affirmons notre force et détermination à ne pas accepter les règles d’un pouvoir qui ne manifeste que mépris à notre égard.

  2. CHAMOURAT dit :

    Solidaire à la vie à la mort !!!!!!!

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